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Du Savoir à la Connaissance : Un Travail d'Intégration

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Qu’est-ce que le savoir ? Monsieur de Lapalisse pourrait dire : « c’est quelque chose que l’on sait. » Très bien. 
Mais comment le sait-on ? 
Parce qu’on l’a appris.
Et comment l’a-t-on appris ? En le mémorisant. 
C’est une information qui nous est extérieure et que l’on a retenue, de gré ou de force. 
C’est-à-dire qu’on l’a retenue parce qu’elle nous intéressait, ou parce qu’on l’a apprise par cœur, par obligation, en vue d’un contrôle ou d’un examen. Une information, d’ailleurs, dans ce dernier cas de figure, qu’on oubliera très certainement peu après, car elle ne nous est d’aucune utilité : ce qu’on appelle le bachotage.
En fait, un savoir, c’est une information qu’on s’approprie dans la mémoire, mais qui se trouve stockée sur un support extérieur à soi : on peut la retrouver sur un livre, un disque dur, le cloud, Internet, etc.
Ce peut être, par exemple : la date des guerres de Napoléon, celle du baptême de Clovis, la recette de la pâte feuilletée, comment carreler son salon en opus romain, etc.
L’information peut donc consister en du savoir pur : “Marignan ?“, ou du savoir-faire : “comment faire pour… ?“
Donc on ne maîtrise le savoir, c'est-à-dire l’information reçue ou acquise, que par le gré, le bon vouloir de notre mémoire, qui d’ailleurs, peut s’entretenir vivante par la répétition, pour passer de la mémoire immédiate à la mémoire à long terme.
Qu’est-ce que la connaissance ? C’est une expérience vécue. C’est un savoir qu’on nous a transmis ou que l’on découvre, par une pratique personnelle. 
D’ailleurs, les meilleures connaissances que l’on acquiert sont le fruit, souvent, d’une expérience difficile ou malheureuse, car les sensations et l’émotion qui y sont liées laissent une empreinte plus profonde dans le système limbique. 
Le système limbique et l’inconscient s’en souviendront, et ne l’oublieront pas de sitôt.
Par exemple, si vous avez fait une indigestion de chocolats à Pâques, dans votre enfance, et que vous avez passé la nuit à avoir mal au ventre et à finir par vomir tripes et boyaux, l’attrait irrésistible du chocolat se sera peut-être, par la suite, un peu fané au cours des années.
De la même manière, si vous vous êtes trouvé acculé à des désagréments sévères, financiers et/ou relationnels, par un contrat mal ficelé, dorénavant, il y a de fortes chances que vous relisiez vos contrats avec minutie.
Comme dit le proverbe : « errare humanum est, perseverare diabolicum » : l’erreur est humaine, mais persévérer dans son erreur est diabolique. Diabolique vient du grec diabolein diabolein, qui veut dire : séparer. 
Le préfixe dia- signifie à travers, et bolein bolein signifie jeter. Donc diabolein : séparer. Le diable, c’est ce qui sépare. 
Alors que son antonyme : sunbolein, sunbolein, signifie réunir, comme le fait la sympathie, qui signifie : “souffrir avec“. Un patient, c’est celui qui souffre…
 
Donc, passer du savoir à la connaissance, c’est faire l’expérience : vivre dans son corps le savoir à intégrer.
Dans le domaine de l’éducation des enfants, c’est accepter de leur laisser faire leurs propres expériences, même s’ils se trompent ou qu’ils échouent, -dans un cadre sécurisé, bien sûr. C’est comme ça qu’ils apprennent. Imaginez un tout jeune enfant qui rêve de découvrir le monde, et donc qui tente de se mettre debout… Et il tombe lourdement sur sa couche. Imaginez qu’il se dise en pleurant : « ah zut ! C’est trop difficile ! Je renonce à tenter de me mettre debout. Je décide de rester par terre… »
Dans le cadre d’une formation, par exemple, toute l’habileté, pour le formateur, consiste à permettre aux stagiaires de faire l’expérience d’un nouveau savoir à intégrer, pour que chacun puisse se l’approprier selon son propre cadre de référence, sa propre vision du monde, et à partir de ses propres expériences antérieures. Puisque l’on sait que l’on apprend par agglutination sur des éléments déjà intégrés.
C'est-à-dire passer de la zone de confort, -de savoirs et de connaissances déjà intégrés, où le stagiaire n’apprend rien-, à une zone de prise de risque, relative, où il découvre des choses nouvelles. Dans ce cas, on privilégie les méthodes actives qui permettent aux stagiaires, en groupe ou individuellement, de traduire le savoir à intégrer dans leur mode de pensée et d’action. Ils peuvent réfléchir et créer ensemble, -et ainsi partager et mettre en œuvre leurs valeurs et leurs convictions-, ou encore rire, contester, jouer, manipuler, représenter, expérimenter, tester, faire…
En accompagnement personnel, -coaching ou supervision-, on pourra, par exemple, pour une personne bloquée dans la confusion, la faire bouger, la faire dialoguer, écrire, dessiner…, ou encore marcher dans l’espace sur des zones préalablement définies comme symboliques, pour lui permettre de déplacer son énergie dans le ressenti et l’action, afin de sortir de la confusion qui bloquait sa pensée.
Marielle de Miribel - PTSTA Organisation


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