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Résolutions 2010

Loup
Loup
Je ne sais pas d'où vient cette coutume - coutume d'autant plus étrange qu'elle s'accompagne souvent d'une autre, celle de ne pas les tenir - mais chaque début d'année apporte son lot de bonnes résolutions. J'ignore également si la chose est universelle mais, pour l'anecdote, il existe une page sur l'encyclopédie
en plusieurs langues…
Si elles font pssshhhhttt ainsi, c'est probablement que les bonnes résolutions sont émises par la "bonne volonté" consciente qui méconnaît largement les racines profondes d'un comportement, qu'elles s'accompagnent d'un soupçon de magie qui garantit que leur énoncé - sans aucun état des lieux ni plan d'action - suffit à atteindre l'objectif.
C'est un peu comme si, après les fêtes et les cadeaux, le Parent - oublieux du concept de contrat - demandait en échange quelques gages de bonne conduite pour l'année qui vient et qu'automatiquement l'Enfant baisse la tête et dise "Je le ferai plus… foi de gascon !"
Heureusement, à force de répétitions il semble que le système soit éventé : qui prend encore sérieusement de bonnes résolutions ? Soyons prudents néanmoins, certains systèmes résistent encore et toujours à la répétition : les vendeurs de pilule qui font maigir et de lessives qui lavent plus blanc sont toujours aussi prospères… Il paraît même qu'il y a encore des traces de bonnes résolutions dans certains programmes politiques…
Pour clore sur ce chapitre, je dirais que peut-être la meilleure bonne résolution à prendre est… de ne pas en prendre ! Envie de changements ? Et si le premier changement n'était pas d'arrêter (de fumer, etc) ou de partir plus tôt du travail (etc), ou encore de faire l'inverse de ce que vous faites pour le moment, mais de le faire avec un autre niveau de conscience ? Il ne s'agit pas de fuir ce que vous faites peut-être tous les jours depuis bien longtemps, de le mépriser ou de vous dévaloriser, mais de continuer à faire la même chose, non plus dans l'automatisme, mais avec une pleine conscience, de l'assumer. Il est en effet plus facile de changer ensuite vraiment quelque chose que l'on assume pleinement plutôt que quelque chose que l'on fuit.
Pour ce début d'année, dans la continuité de cette thématique du changement et pour faire écho à toutes les crises diverses et variées que nous connaissons aujourd'hui, je vous propose une fable, une fable de Jean de la Fontaine "Le Loup et le Chien". Il semble, mais nous manquons encore de recul quant à la profondeur du mouvement, que l'un des aspects positifs de la Crise soit le retour de la question du sens et plus particulièrement le retour sur soi à la recherche d'autres paradigmes. Je vous invite à lire cette fable dans ce contexte. Il est possible - peut-être à la deuxième lecture - de changer le mot "maître" par État du moi Parent et de voir le Loup et le Chien comme deux parties d'une même personne… Je vous laisse à la recherche de votre troisième voie…
"Un loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde
Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire loup l'eût fait volontiers;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le mâtin était de taille
À se défendre hardiment.
Le loup donc, l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
«Il ne tiendra qu'à vous, beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui répartit le chien.
Quittez les bois, vous ferez bien:
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? Rien d'assuré; point de franche lippée ;
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez moi, vous aurez un bien meilleur destin.»
Le loup reprit : «Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le chien: donner la chasse aux gens
Portants bâtons et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.»
Le loup déjà se forge une félicité
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