
Peut-être vous souvenez vous d’une séquence du film La chèvre, 1970, avec Pierre Richard ? Pour tester sa capacité à collectionner les catastrophes, comme la fille du PDG qui cherche à retrouver la trace de sa fille Marie, perdue quelque part en Amérique du Sud, on demande à Pierre Richard de choisir sa place dans une grande salle de réunion vide. Et il choisit, évidemment, parmi une bonne trentaine de chaises vides, la seule chaise qui est fragile, bancale et risque de le faire tomber. Ce choix calamiteux est le test infaillible pour lui confier la mission de retrouver son alter ego, cette jeune fille spécialiste des catastrophes.
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Quand on rentre dans une salle de formation, -je vais prendre la disposition en U qui facilite les échanges entre les stagiaires-, et qu’il y a la possibilité de choisir sa place, la question que chacun se pose, c’est : « où vais-je m’installer ? » C’est une question importante, qui signe en quelque sorte le droit d’appartenir au groupe qui se construit. Et une insulte grave que l’on puisse faire à un stagiaire, c’est de ne pas lui offrir de place où s’asseoir. Certains formateurs, soucieux du libre choix de leurs stagiaires, veillent à toujours lui offrir le choix au moins entre deux places, deux chaises, même pour le dernier arrivant.
Chacun va s’installer en fonction d’une grille de repères assez variable, en fonction de besoins physiques et/ou psychologiques.
Les repères d’ordre physiologique
La place la plus confortable en fonction d’un handicap physique
Certains stagiaires se placent par exemple face au formateur (et à l’écran) pour pouvoir le voir et l’entendre sans avoir à tourner la tête, en raison d’une difficulté à bouger la tête.
D’autres se placent face au formateur et à l’écran pour l’entendre mieux en lisant sur ses lèvres
D’autres se placent dos à la fenêtre pour éviter d’avoir trop de lumière dans l’œil, ce qui leur procure des migraines
La place la moins gênante en fonction de besoins physiologiques
D’autres se placent le plus près possible du formateur pour mieux l’entendre et mieux comprendre les messages et enseignements, à partir des signaux faibles émis par le formateur
Il y a ceux qui se sentent un peu enfermés, et cherchent systématiquement à s’installer près d’une fenêtre, surtout s’il est possible de l’ouvrir, pour aérer la salle ou avoir de l’air frais.
A contrario, certains vont repérer les souffleries de l’air conditionné, et les éviter pour éviter de prendre froid.
Les repères d’ordre psychologique
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Se positionner par rapport à la place du leader
Certaines personnes ont besoin de savoir, dès leur entrée, où est installé le formateur, pour pouvoir se placer en fonction de ce critère.
Ceux qui veulent se montrer, par timidité ou réticence, discret et invisible, vont choisir les angles ;
Ceux qui veulent exercer une forme de contrôle ou de dialogue privilégié (positif ou antagoniste) avec le formateur, vont plutôt choisir de s’installer face à lui.
Ceux qui veulent profiter, consciemment ou non, de son aile protectrice, vont s’installer sur les côtés, le plus près possible de lui.
Certains vont chercher la meilleure place pour instaurer une sorte de complicité, d’alliance avec le formateur.
D’autres encore, chargés, officiellement ou non, d’une responsabilité organisationnelle, s’installent près du formateur, pour le seconder, en quelque sorte, ou faire partie de la zone de leadership
Se positionner par rapport aux autres
Certains stagiaires sont sensibles à l’aide et le soutien apporté par les autres stagiaires, et vont volontiers s’installer côte à côte de leurs collègues de travail, avec qui ils sont en affinité, et qui leur assure une sorte de protection contre les surprises et inattendus d’une formation.
D’autres, plus sensibles à la découverte, vont choisir de s’installer à côté de personnes qu’ils ne connaissent pas, et qui leur semblent, a priori, accessibles et sympathiques
Se positionner par rapport à la disposition de la salle
Il y a ceux qui détestent être enfermés, et qui vont choisir la place la plus proche de la sortie.
Il y a ceux qui, systématiquement, se placent face à la porte d’entrée, pour contrôler qui rentre dans la salle.
Il y a ceux qui se placent systématiquement dos à la fenêtre pour se protéger de la lumière qui risque de les « trahir », si les autres distinguent trop facilement les nuances subtiles des mimiques de leur visage.
Voici donc quelques éléments de grilles de lecture des choix de place des stagiaires dans une salle de formation. Il est important de prendre en compte que les choix de comportement sont multifactoriels, et qu’il est facile et dangereux de faire des interprétations non validées.
Par ailleurs, quel serait, à priori, votre propre choix de place dans une salle de formation ? Et pour satisfaire quelle sorte de besoin ?
Marielle DE MIRIBEL - PTSTA Organisation
Marielle DE MIRIBEL - PTSTA Organisation
