Les 4 clauses d’un contrat selon Claude Steiner
Dans son ouvrage Des scénarios et des hommes, Claude Steiner évoque 4 clauses qui lui semblent essentielles pour élaborer un contrat clair et respectueux de chacune des parties concernées.
• Le consentement mutuel, des deux partenaires, qui sont d’accord pour passer un contrat entre eux.
• La contribution réciproque ou la juste rétribution, une forme de compensation accordée en échange du temps ou du travail de quelqu’un.
• La compétence mutuelle : les deux personnes doivent être compétentes pour mener à bien ce qui a été décidé dans le contrat, c'est-à-dire avoir le statut, la légitimité et les compétences professionnelles requises pour effectuer l’action, la mission ou la tâche qui fait l’objet du contrat.
• L’objet légal : les buts et les conditions du contrat doivent être en conformité avec la loi et la culture de l’organisation concernée.
• Le consentement mutuel, des deux partenaires, qui sont d’accord pour passer un contrat entre eux.
• La contribution réciproque ou la juste rétribution, une forme de compensation accordée en échange du temps ou du travail de quelqu’un.
• La compétence mutuelle : les deux personnes doivent être compétentes pour mener à bien ce qui a été décidé dans le contrat, c'est-à-dire avoir le statut, la légitimité et les compétences professionnelles requises pour effectuer l’action, la mission ou la tâche qui fait l’objet du contrat.
• L’objet légal : les buts et les conditions du contrat doivent être en conformité avec la loi et la culture de l’organisation concernée.
La clause de Juste rétribution
L’une de ces clauses est celle de Juste rétribution. Qu’est-ce que cela signifie ? Selon une méthode lapidaire, ou pourrait citer l’adage : « tout travail mérite salaire ». Mais alors, qu’en est-il du bénévolat, ou selon une autre façon de formuler la chose, qu’en est-il du volontariat ?
L’activité sociale, sanitaire, culturelle, etc., française repose sur de nombreuses associations qui pallient les manques institutionnels. Par exemple, les secouristes de la Croix-rouge, les bénévoles des bibliothèques rurales, les associations d’aide aux plus démunis comme les Restos du cœur de Coluche, les Petits frères des pauvres, pour les personnes sans papier, les réfugiés, etc. Il y a un nombre très important d’associations en France : 1 500 000 associations actives selon le site d’Associathèque…
L’activité sociale, sanitaire, culturelle, etc., française repose sur de nombreuses associations qui pallient les manques institutionnels. Par exemple, les secouristes de la Croix-rouge, les bénévoles des bibliothèques rurales, les associations d’aide aux plus démunis comme les Restos du cœur de Coluche, les Petits frères des pauvres, pour les personnes sans papier, les réfugiés, etc. Il y a un nombre très important d’associations en France : 1 500 000 associations actives selon le site d’Associathèque…
La clause de Juste rétribution et les bénévoles des associations
Si l’on suit scrupuleusement la logique de Claude Steiner, et en particulier dans cette clause de juste rétribution, que se passe-t-il dans le cas du bénévolat ?
On peut considérer deux choses :
• Si les bénévoles ont le sentiment de juste rétribution, de quelle manière se sentent-ils rétribués ?
• Si cette clause n’est pas respectée, les jeux psychologiques pointent le bout du nez…
On peut considérer deux choses :
• Si les bénévoles ont le sentiment de juste rétribution, de quelle manière se sentent-ils rétribués ?
• Si cette clause n’est pas respectée, les jeux psychologiques pointent le bout du nez…
1. La « juste » rétribution des bénévoles
Les membres actifs des associations, bénévoles, ne sont pas rémunérés en contrepartie de leur engagement, de leur temps, de leur énergie, de leurs compétences souvent équivalentes à celle de professionnels qualifiés, de leur activité souvent altruiste et tournée vers les autres.
Comment ont-ils le sentiment, comment peuvent-ils avoir le sentiment d’une juste rétribution ?
Comment ont-ils le sentiment, comment peuvent-ils avoir le sentiment d’une juste rétribution ?
Les 3 niveaux de rétribution
La rétribution peut se comprendre en lien avec les 3 types de besoins, de la pyramide de Maslow : les besoins physiologiques, les besoins psychologiques et les besoins spirituels.
• En matière de réponses aux besoins physiologiques et de sécurité matérielle, le bénévolat est inadéquat, puisqu’il n’y a pas de rétribution financière à la clé.
• En matière de réponses aux besoins psychologiques de base, de structure de reconnaissance et de stimulation-action-créativité, les activités de bénévolat prennent tout leur sens.
- En effet, en matière de structure, le fait d’occuper son temps de manière régulière, parfois routinière, donne un cadre structuré et nécessaire, surtout pour des personnes sans emploi fixe, comme les personnes retraitées ou au chômage.
- En matière de réponses aux besoins de reconnaissance, de lien et d’appartenance, le fait de faire partie d’une communauté ou d’une équipe souvent réduite, à taille humaine, où tout le monde se connaît, d’avoir un rôle à jouer, de faire connaissance avec d’autres personnes qui partagent les mêmes activités, les mêmes valeurs, répond au besoin d’exister aux yeux des autres et d’avoir une place utile dans la société.
Bien souvent, l’enthousiasme que les bénévoles développent est lié à une valeur humaine particulière qui les porte et qui donne un sens à leur action. Ils se sentent utiles aux autres, fiers d’exercer une activité qui vient en aide à d’autres êtres humains.
On peut donc avancer, sans trop se tromper, que le sentiment d’utilité, de contribution à la justice sociale et humaine, nourrit le sentiment de reconnaissance et d’appartenance.
- En matière de stimulation, d’action et de créativité, on peut dire que le fait d’agir sur la réalité, de contribuer par son action à changer quelque chose dans le réel d’autres personnes permet de nourrir ce besoin.
• En matière de réponses aux besoins spirituels, là aussi, le bénévolat prend tout son sens : « je suis fier de faire quelque chose pour les autres, cela me nourrit et donne un sens à ma vie ». Et le fait de contribuer, même de façon minime et humble, à l’entraide et à la dignité humaine, nourrit des besoins spirituels de contribuer à plus grand que soi.
• En matière de réponses aux besoins physiologiques et de sécurité matérielle, le bénévolat est inadéquat, puisqu’il n’y a pas de rétribution financière à la clé.
• En matière de réponses aux besoins psychologiques de base, de structure de reconnaissance et de stimulation-action-créativité, les activités de bénévolat prennent tout leur sens.
- En effet, en matière de structure, le fait d’occuper son temps de manière régulière, parfois routinière, donne un cadre structuré et nécessaire, surtout pour des personnes sans emploi fixe, comme les personnes retraitées ou au chômage.
- En matière de réponses aux besoins de reconnaissance, de lien et d’appartenance, le fait de faire partie d’une communauté ou d’une équipe souvent réduite, à taille humaine, où tout le monde se connaît, d’avoir un rôle à jouer, de faire connaissance avec d’autres personnes qui partagent les mêmes activités, les mêmes valeurs, répond au besoin d’exister aux yeux des autres et d’avoir une place utile dans la société.
Bien souvent, l’enthousiasme que les bénévoles développent est lié à une valeur humaine particulière qui les porte et qui donne un sens à leur action. Ils se sentent utiles aux autres, fiers d’exercer une activité qui vient en aide à d’autres êtres humains.
On peut donc avancer, sans trop se tromper, que le sentiment d’utilité, de contribution à la justice sociale et humaine, nourrit le sentiment de reconnaissance et d’appartenance.
- En matière de stimulation, d’action et de créativité, on peut dire que le fait d’agir sur la réalité, de contribuer par son action à changer quelque chose dans le réel d’autres personnes permet de nourrir ce besoin.
• En matière de réponses aux besoins spirituels, là aussi, le bénévolat prend tout son sens : « je suis fier de faire quelque chose pour les autres, cela me nourrit et donne un sens à ma vie ». Et le fait de contribuer, même de façon minime et humble, à l’entraide et à la dignité humaine, nourrit des besoins spirituels de contribuer à plus grand que soi.
Les 3 questions du Grand Aigle
Il existe une légende amérindienne qui dit qu’au moment de sa mort, et si l’on est privilégié, on va paraître devant le Grand Aigle, qui va nous poser 3 questions :
Qu’as-tu fait de ta vie ?
Comment as-tu aimé ?
En quoi as-tu contribué à plus grand que toi ?
Les activités de bénévolat sont une réponse privilégiée à la 3e question du Grand Aigle, celle de contribuer à plus grand que soi.
On voit donc que, même si les bénévoles ne sont pas payés financièrement, une activité de ce type peut nourrir profondément les 3 besoins psychologiques de base et les besoins spirituels.
Qu’as-tu fait de ta vie ?
Comment as-tu aimé ?
En quoi as-tu contribué à plus grand que toi ?
Les activités de bénévolat sont une réponse privilégiée à la 3e question du Grand Aigle, celle de contribuer à plus grand que soi.
On voit donc que, même si les bénévoles ne sont pas payés financièrement, une activité de ce type peut nourrir profondément les 3 besoins psychologiques de base et les besoins spirituels.
2. Les associations et les jeux psychologiques
De ce fait, on pourrait dire que « tout est bien dans le meilleur des mondes ». Mais malheureusement, ce n’est pas toujours le cas, loin s’en faut. Pourquoi ?
Les lieux privilégiés des jeux psychologiques : les monastères et les associations
Parce que, comme le constate Jean-Jacques Crèvecœur, fondateur de la Dynarsys, la dynamique relationnelle systémique, et auteur de nombreuses formations et de plusieurs ouvrages de croissance personnelle, les deux endroits où l’on trouve le plus de jeux psychologiques, ce sont les couvents et monastères, et les associations.
D’ordinaire, on pense que les entreprises, les institutions sont des nids à jeux psychologiques. Ce qui est souvent vrai, mais l’Autorité au sens bernien du terme, représentée par le système de Leadership et le Canon, -avec une Constitution qui donne un cadre législatif avec une structure claire et des règles, et une Culture qui structure, même de manière implicite, les relations professionnelles-, limite quelque peu la violence des jeux psychologiques de 2e et 3e degré.
L’intensité, le niveau des jeux psychologiques dans les monastères et les associations n’est pas régulée de la même manière. Dans les monastères, la règle impose d’être « bienveillant » envers son prochain, et les colères rentrées, non exprimées, peuvent se transformer en rancœurs tenaces.
D’ordinaire, on pense que les entreprises, les institutions sont des nids à jeux psychologiques. Ce qui est souvent vrai, mais l’Autorité au sens bernien du terme, représentée par le système de Leadership et le Canon, -avec une Constitution qui donne un cadre législatif avec une structure claire et des règles, et une Culture qui structure, même de manière implicite, les relations professionnelles-, limite quelque peu la violence des jeux psychologiques de 2e et 3e degré.
L’intensité, le niveau des jeux psychologiques dans les monastères et les associations n’est pas régulée de la même manière. Dans les monastères, la règle impose d’être « bienveillant » envers son prochain, et les colères rentrées, non exprimées, peuvent se transformer en rancœurs tenaces.
L’enjeu des présidents d’association : exister socialement
Dans les associations, les enjeux sont un peu différents. C’est souvent le terrain d’expression de soi de personnes qui, au cours de leur vie professionnelle, n’ont pas, ou n’ont pas eu, le sentiment d’avoir la place et l’influence qu’ils méritaient, qu’ils considéraient comme devant leur revenir légitimement, à la hauteur de leurs compétences. De ce fait, agir dans le cadre d’une association est un bon moyen d’exister aux yeux des autres et aux siens, et de se donner l’importance qu’ils pensent mériter.
Comme on estime à 1 500 000 le nombre d'associations actives en France, qui dit association, dit nécessairement 3 fonctions : président, secrétaire et trésorier. S’il y a 1 500 000 associations actives en France, il y a donc 1 500 000 présidents d’association.
Comme on estime à 1 500 000 le nombre d'associations actives en France, qui dit association, dit nécessairement 3 fonctions : président, secrétaire et trésorier. S’il y a 1 500 000 associations actives en France, il y a donc 1 500 000 présidents d’association.
La compétition active
Être président, être appelé « Président » est un titre envié par de nombreuses personnes, titre qui permet de réparer d’anciennes blessures narcissiques. Cela peut générer des compétitions sans fin, souvent féroces, entre le tenant du titre et ceux qui y aspirent, tous les Iznogouds, qui rêvent d’être enfin calife à la place du calife !
Ou d’en profiter pour se venger sur le président en titre, consciemment ou non, de toutes les figures d’autorité qui ont exercé sur le membre de l’association bénévole un pouvoir et une autorité considérés, à tort ou à raison, injustes et iniques…
Ces compétitions d’intérêts, d’enjeux personnels peuvent durcir les relations, pourrir l’ambiance, l’activité et la vie de l’association, et faire perdre de vue l’objet, le sens, l’existence même de l’association. Pour quelles raisons, en réalité, a-t-elle été fondée, et continue-t-elle à exister ? Pour servir des intérêts collectifs ou des intérêts et des enjeux personnels ?
Dans ces conditions, pour quelles raisons chercher à être bénévole et le rester ? À quel prix ? Il me semble que si les associations avaient un espace permettant à chacun d’exprimer ses enjeux réels, altruistes ou non, et de donner du cadre et de la structure claire, pour répondre au besoin de sécurité de tout un chacun, la vie des associations ressemblerait peut-être plus à un long fleuve tranquille…
Ou d’en profiter pour se venger sur le président en titre, consciemment ou non, de toutes les figures d’autorité qui ont exercé sur le membre de l’association bénévole un pouvoir et une autorité considérés, à tort ou à raison, injustes et iniques…
Ces compétitions d’intérêts, d’enjeux personnels peuvent durcir les relations, pourrir l’ambiance, l’activité et la vie de l’association, et faire perdre de vue l’objet, le sens, l’existence même de l’association. Pour quelles raisons, en réalité, a-t-elle été fondée, et continue-t-elle à exister ? Pour servir des intérêts collectifs ou des intérêts et des enjeux personnels ?
Dans ces conditions, pour quelles raisons chercher à être bénévole et le rester ? À quel prix ? Il me semble que si les associations avaient un espace permettant à chacun d’exprimer ses enjeux réels, altruistes ou non, et de donner du cadre et de la structure claire, pour répondre au besoin de sécurité de tout un chacun, la vie des associations ressemblerait peut-être plus à un long fleuve tranquille…
Marielle de Miribel, O-PTSTA
