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Le syndrome du Titanic

"Le corps content et l'éthique tranquille", disait Carlo Moiso, nous avons ici une magnifique opportunité de questionner, de "nourrir" notre éthique.
Il n'y a pas si longtemps que cela l'Homme, habitant esseulé d'une planète flottant dans l'Univers mais rarement seul, vivait en lien constant avec son environnement ; il lisait les étoiles, suivait le rythme intangible des saisons, respectait cette Terre qui le faisait vivre. Aujourd'hui et pour la première fois de son histoire, il s'est coupé de repères essentiels :  de sa terre que, tout entouré de béton, il ne voit plus, des étoiles, qu'il ne distingue plus tant les nuits sont éclairées, de l'Autre, qu'il ne rencontre plus, occupé qu'il est à suivre les programmes virtuels ou qu'il n'envisage que comme un potentiel à exploiter, un concurrent ou un objet. Il mondialise, et ce faisant uniformise et gomme petit à petit les différences entre les peuples, toutes ces différences qui sont autant de richesses… avec quelques constantes : les pays riches dont la capacité à produire du besoin semble illimitée - sans pour autant que ses habitants ne soient satisfaits -  sont toujours plus opulents, et les pays pauvres à qui il manque l'essentiel, toujours et encore. 
Il semble que cette évolution ait été inévitable, Barjavel avec Ravage, Robert Merle avec Malevil ou Roy Lewis, Pourquoi j'ai mangé mon père, et beaucoup d'autres nous le rappellent. Un temps, il a semblé que l'Homme pouvait vivre "en pouvoir sur" la nature. À présent, il doit apprendre à vivre avec, en interdépendance : une occasion de grandir ?
"Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain : les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes - envie, jalousie, haine, ressentiment, le triomphe de l'injustice, le règne de la critique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre…

Parlez-moi de la pluie

Vignette de Parlez-moi de la pluie
Une lecture du film (Parlez-moi de la pluie) au travers de l'analyse transactionnelle.
Deux sœurs se retrouvent à trier les affaires de leur mère à la suite de son décès. L'une est une femme célibataire brillante, sans enfant, qui est en train de se lancer dans la politique et vient faire campagne dans sa ville natale ; l'autre, mariée et mère de famille, se vit comme ayant tout raté. Aucune n'est vue par l'entourage pour ce qu'elle est, mais pour ce qu'elle paraît : la femme forte et sûre d'elle, la femme complexée et dépressive.
Face à ce couple de femmes, deux hommes : un journaliste : divorcé, préoccupé par ses soucis familiaux et amant de la mère de famille. Il est content de cette occasion de faire un reportage, car il est marginalisé dans son milieu professionnel. Il est accompagné d'un caméraman occasionnel qui est le fils de l'ancienne femme de ménage/dame de compagnie de la mère des deux femmes.

Les signes de reconnaissance

Vignette de Les signes de reconnaissance

Les signes de reconnaissance en Analyse Transactionnelle

Au carrefour entre l'intrapsychique et le comportemental, entre les besoins de base, le scénario ou les positions de vie et les transactions, les signes de reconnaissance est un concept puissant que j'apprécie beaucoup.
Voici deux extraits dans lesquels vous allez pouvoir découvrir ce que sont les signes de reconnaissance… aux deux extrêmes :
  • Ignatius vient de se reconvertir en vendeur de saucisses ambulant, mais, au grand dam de ses clients, il préfère les manger que les vendre : "Je dis que t'es complètement givré, timbré, s'coué, t'entends ? aboya George [le client] (…). Comment osez-vous venir me crier des obscénités ? Arrêtez-le ! lança férocement Ignatius tandis que George se fondait dans la foule (…). Qu'un bon citoyen se saisisse de ce délinquant juvénile ! De ce répugnant mineur ! Il n'a pas le moindre respect. Ce rejeton du ruisseau a mérité le fouet jusqu'à l'évanouissement ! Une femme du groupe qui s'était formé autour de la saucisse ambulante dit alors : Si c'est pas malheureux ! Où qu'y vont les chercher les vendeurs de saucisses, non mais c'est pas vrai ! Paumés, c'est tout paumés et compagnie, lui répondit une voix. Tout ça c'est l'pinard, si vous voulez savoir. C'est ça qui les rend fous, à mon avis. On devrait pas laisser des lascars comme ça en liberté dans les rues" ((J. Kennedy Toole, La conjuration des imbéciles, 10/18, p. 199)).

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