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Donner des permissions aux enfants

« L’heure du conte » à l’école maternelle

L’enfant de trois ans qui entre à l’école maternelle se retrouve dans un groupe de 25 à 30 enfants de son âge. Ce groupe est animé par un enseignant qui est souvent une femme. Cette période est centrée sur la vie de groupe, l’apprentissage du langage et l’entraînement  à s’exprimer, la préparation du corps et de l’esprit aux apprentissages ultérieurs. Elle est particulièrement favorable à la prévention.
Parmi les pratiques qui nous intéressent, la lecture de contes traditionnels aux enfants :
Les contes qu’on lit aux jeunes enfants dans la famille ou à l’école maternelle appartiennent à la tradition orale. Ils ont été transmis de génération en génération, de conteur en conteur et ils ont été transcrits aux 17e et 19e siècles.

La séduction, une zone grise

J’ai entendu des femmes exprimer la crainte que la dénonciation actuelle du harcèlement sexuel ne conduise, par ce qu’elles perçoivent comme des excès, à la fin de la séduction  « à la française ».

C’est pourquoi elles refusent l’étiquette de « féministes ». En revanche, elles sont d’accord pour dénoncer les retards et les décalages dans l’application de l’égalité des droits, ce qui est la définition même d’une position de féministe. Cela  s’explique par un déni très répandu de la réalité de la domination masculine dans notre société pourtant avancée. Ce déni est important chez les hommes qui confondent leurs privilèges avec l’effet de leurs qualités personnelles (ils sont plus forts, plus intelligents, plus aptes à commander..), mais il existe aussi chez les femmes (c’est normal parce qu’ils sont plus forts etc). Sans ce déni, on ne verrait pas tant de personnes tomber de haut en découvrant les si nombreux témoignages de harcèlement, se souvenant alors brusquement de tel ou tel événement déplaisant de leur vie, refoulé pour éviter le sentiment d’impuissance et la paralysie. En lisant les témoignages des femmes, il n’y aurait pas de prises de conscience aussi nombreuses. Si la parole des femmes se libère, c’est parce qu’elle a pu être partagée avec beaucoup d’autres femmes à partir du moment où des personnalités importantes comme les actrices, les journalistes, les militantes politiques ont osé dire ce qui ne pouvait pas l’être jusqu’alors sans risquer de voir leur réputation détruite, leur travail perdu et sans entendre accusations, dénigrement et ricanements.
 
La théorie selon laquelle, en France, la relation homme/femme serait toute de courtoisie et de complicité et propice aux relations amoureuses saines ne me paraît pas bien crédible en effet. Nous sommes là dans une zone grise, où l’on ne sait pas trop que croire tant les indices sont flous sur les intentions de chacun. C’est pourquoi je crois utile de regarder de près de quoi il s’agit quand on parle de séduction.
Qu’est-ce que séduire ? C’est  chercher à plaire, impulsion naturelle très partagée. La question suivante c’est : qu’est-ce qu’on cherche à obtenir de l’autre ? Cela peut être des stimulations physiques ou psychologiques, des marques d’attention ou des signes de reconnaissance qui nous font du bien, du plaisir, mais aussi du réconfort dans une mauvaise passe, du soutien dans un projet, des avantages, des faveurs…. Qu’est-ce qu’on promet  implicitement? A quoi est-ce qu’on  s’engage explicitement ? Toutes ces questions sont légitimes.
 
Dans les échanges de la séduction à orientation sexuelle, on dit que les hommes se risquent à faire une proposition quand ils ont perçu qu’ils en avaient reçu l’autorisation de la femme, cette autorisation étant donnée au niveau non verbal. Ce serait toujours la femme qui déciderait. Ne nous étonnons pas qu’il y ait beaucoup de malentendus .
 
Le problème, c’est ce qu’elle souhaite vraiment et ce qui la pousse :
 
-          Si c’est le simple désir de plaire, par exemple pour garder son travail ou pour créer une meilleure ambiance, le risque pour elle est de méconnaître la signification sociale donnée à son comportement. Vouloir plaire n’est  pas critiquable en soi. Encore faut-il être consciente de ce qu’on cherche : des compliments, des attentions, du réconfort après une épreuve, une réassurance, une réponse sexuelle ?
-          Si c’est susciter le désir sans se sentir pour autant obligée de le satisfaire afin de flatter son image, il vaut mieux mesurer les risques. Le cas est fréquent chez les ados qui testent leur féminité sur leur entourage. Les paroles, le comportement, l’habillement, tout compte. Mais leur âge est devenu une barrière éthique dans le jeu de la séduction quand elles visent des hommes qui ne sont pas de leur âge. Pour les femmes adultes, elles sont qualifiées le plus souvent d’allumeuses et d’aguicheuses par ceux qui avaient cru comprendre  que leur comportement impliquait une promesse. Savoir donc que les jeux de séduction impliquent ou non une promesse est important et que ceux qui y croient peuvent exprimer de la colère quand ils sont déçus. La promesse implicite peut concerner l’engagement. C’est le thème du film : « Séduite et abandonnée »
-          Entre adultes consentants, c’est « je veux, je ne veux pas » ; une sorte de test réciproque comme dans la danse où les corps vérifient qu’ils sont dans le même tempo. Rien n’est promis et tout peut l’être. Mais on reste dans le non-dit. C’est pourquoi je parle de zone grise : quand les situations dérapent il est facile de se réfugier derrière l’argument : elle était d’accord ! C’est elle qui m’a dragué ! Il m’avait promis. C’est un lâche !
 
L’accord explicité n’est pas encore complètement entré dans la culture de la drague, même si les applications sur internet permettent des rencontres clairement volontaires. La motivation de chacun n’est pas forcément claire non plus, d’où l’importance de chercher à identifier ses propres méconnaissances et de se poser la question de ses motivations :
-          Qu’est-ce que je cherche, au fond ?
-          Est-ce la bonne personne pour cela ?
-          Qu’est ce que l’autre veut ?
-          Qu’est ce que je ne veux pas ?
 
La dernière question est peut-être la plus importante. Séduire pour un homme en faisant pression montre le désir, qu’il juge parfois à tort valorisant pour l’autre, mais jusqu’où faire pression ? Séduire pour les femmes est un moyen d’obtenir un pouvoir qu’elles n’ont pas dans l’état actuel de la société. D’où la tentation de jouer ce jeu quand elles sont dans un rapport de dépendance à l’homme. Les images de la pratique de séduction que l’on trouve dans les films, les séries ne donnent–elles pas l’idée qu’un non n’est pas toujours vraiment un non ? D’où l’importance d’exprimer explicitement son consentement et son refus.  D’où aussi la conscience des risques à mélanger flirt et vie professionnelle. On est dans la zone entre séduction et pression. Les règles de déontologie sont alors un garde-fou dès qu’il existe un lien de subordination.
 
Avec les progrès espérés vers plus d’égalité, il est probable  que les relations de pouvoir entre les gens concerneront moins le genre et seulement les individus. Chacun apprendra comme il pourra à se débrouiller avec le pouvoir, le sien et celui des autres. Chacun devra continuer à « faire ses classes » pour apprendre à vivre dans le monde tel qu’il est.
 
Agnès Le Guernic
Janvier 2018

Un problème de "communication" ?

En rentrant chez moi, je dépasse un couple sur le trottoir. La jeune fille disait d'un ton vif à son copain : « Si chaque fois que je te demande une clope, tu… ». Il a répondu : « Ce n'est pas ça ! C'est la manière ! »
Il avait mis le doigt sur ce qu'on appelle un problème de communication, la question de la manière.
Il n'y a pas « une bonne manière », ça non !, mais il y a des manières de s'adresser aux autres qui sont plus acceptables ou plus judicieuses ou plus efficaces selon les circonstances.
Il y a surtout que nous avons chacun notre manière ou nos manières de nous adresser aux autres. Nous n'avons pas conscience de ce qu'elles sont, parce que nous faisons ce que nous savons faire, c'est à dire ce que nous avons appris à faire, enfants. Nous avons besoin d'un guide pour comprendre, pour décoder la communication, pour en parler et éventuellement la modifier en fonction des personnes et des circonstances.

Apprendre les codes sociaux

Le dernier congrès de la fédération de NLPNL a eu pour thème : "L'art de la PNL dans les apprentissages". En tant qu'analyste transactionnelle spécialiste de l’Éducation, j'ai proposé une réflexion sur l'apprentissage des codes sociaux. En effet, une partie de la réussite des jeunes dépend de leur intégration des codes sociaux.  Quels sont ces codes ? Comment l'AT permet-elle de réfléchir sur cette intégration ? Quels ponts faire avec la PNL ?
La civilité, adaptation positive aux règles de vie de son milieu culturel, se construit dans la jeunesse d'abord dans la famille puis à l'école et dans les groupes d'égaux. C'est un point important dans l'éducation. Nous regarderons ensemble quelques points-clés concernant les processus d'intégration des codes sociaux à partir de concepts de l'Analyse Transactionnelle avec un éclairage en PNL.
En tant qu'éducatrice je me suis intéressée aux conditions de la réussite scolaire et sociale dans une société plus ouverte et de moins en moins homogène et je me suis demandé comment il se faisait que dans les mêmes conditions économiques et sociologiques, certains jeunes réussissaient et d'autres non.
La réponse que je fais est que la réussite scolaire tient autant aux comportements qu'aux connaissances. Il en est de même pour la réussite sociale. Après le langage, ce sont les comportements qui signalent l'appartenance au groupe. Le but des éducateurs, dans un monde ouvert, est de développer chez les jeunes gens la capacité à circuler d'un groupe à l'autre et à sortir de l'enfermement de leur milieu d'origine. Le rôle des enseignants est primordial pour compléter ou parfois redresser celui de la famille en offrant des modèles plus ouverts.

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