SupermanLa première moitié du film Hancock est plutôt sympathique, j’ai moins aimé la suite.

Hancock est donc un super-héros (il vole, il porte des voitures, les balles ne lui font rien…)… dont tout le monde se plaint ! Alcoolique, vagabond, à chaque intervention pour sauver des vies, il cause des millions de dollars de dégâts : bref, c’est une catastrophe ambulante ; hé oui, sachons-le ce n’est pas parce qu’on est un super-héros qu’on n’a pas un scénario costaud !

Il y a évidemment de nombreuses portes d’entrée pour analyser notre trop humain héros, en voilà deux :

 

la position privilégiée dans le Triangle de Karpman : beaucoup plus rigolo que Superman qui lui arrive, sauve et s’en va (bof), Hancock lui arrive, sauve la Victime et… coup de théâtre, se fait insulter ! Ah, le bon exemple de Sauveteur (mais qui veut-il vraiment sauver ?) qui devient Victime ! J’entends les messages scénariques de fin de jeu d’ici «  J’en ai marre, je sauve le monde et c’est jamais suffisant », « C’est toujours pareil, à chaque fois que je veux aider, tout le monde s’en prend à moi », « Le monde, c’est que des méchants »…

 

les signes de reconnaissance : s’il y en a bien un qui doit récolter à la pelle les signes de reconnaissances positifs de tous poils c’est bien un super-héros (quoique d’ailleurs, parce que souvent c’est un autre « moi » : celui qui se déguise la nuit, que personne ne connaît, etc, mais bon passons). Hancock, lui, dès qu’il veut faire du bien, ça ne loupe pas, il collectionne les signes de reconnaissance négatifs, renforçant ainsi ses croyances scénariques.

 

Qui peut l’aider ? Remarquons que c’est une question de Sauveteur là aussi, parce que Hancock lui, il a rien demandé. C’est-à-dire que le gamin, il coûte cher à la collectivité aussi…

– Un autre super-héros vraiment super cette fois ? Un super-coach ? Ou un super-thérapeute ? Ca serait pas mal… avec un super-transfert… mais c’est oublier que Hancock n’a pas le sou :  dommage, hein ?

En fait, c’est un expert en relations publiques – en situation d’échec professionnel – qui se charge de redorer la cape de notre héros (il lui en donne carrément une d’ailleurs).

Comment fait-il notre Innocent ? Il se concentre sur le FONCTIONNEL !

C’est-à-dire qu’il amène Hancock – qui pour le coup ne fait pas trop de super-résistances – à changer la « partie visible », son comportement : les arrivées fracassantes où il casse tout, les interventions alcoolisées… et hop il engrange des signes de reconnaissance positifs : bref le cercle vicieux du scénario chancelle… En partant du fonctionnel, notre homme touche ainsi par ricochet le structural (l’intrapsychique) de notre Hancok.

Allez une petite dernière ? Quelle autre splendide mise en oeuvre (hors analyse transactionnelle cette fois-ci) notre Dévoué met-il en place  (il faut dire qu’il a un super-client) ? UN CHANGEMENT 2 !

On apprend en effet que Hancock ne s’est pas rendu à 600 assignations en justice : on arrête de faire « plus de la même chose », on part à 180°, et voilà notre super-héros en cage ( !!) et …. je vous le donne en mille, les policiers viennent le rechercher pour remettre de l’ordre dans la ville devenue depuis incontrôlable !

Avec l’analyse transactionnelle, c’est super on peut aussi devenir scénariste… à condition d’écrire de bons scénarios !!

2014 © VRPS Consulting, par Pierre Cocheteux

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