Éric Berne, médecin psychiatre américain, fondateur de l’Analyse Transactionnelle

Éric Berne à l'ouvrage« Allez mieux d’abord, on analysera ensuite si vous le voulez »
(Éric Berne – Que dites-vous après avoir dit Bonjour ?)

Médecin psychiatre américain (1910-1970) fondateur de l’Analyse Transactionnelle.


Il est né à Montréal le 10 mai 1910 d’un père, David, médecin généraliste et d’une mère, Sarah, écrivain et éditeur. Sa famille est originaire de Pologne et de Russie. Il a une sœur cadette, Grace.

Son père meurt de tuberculose à l’âge de 38 ans, alors qu’Éric n’en a que 9. C’est une épreuve très difficile pour lui. Lorsque vient le choix des études pour Éric sa mère l’encourage à faire médecine : il devient docteur en médecine en 1935, à 25 ans. Il fait son internat en psychiatrie à la faculté de médecine de l’université de Yale.

En 1938/1939, Éric obtient la nationalité américaine et change son nom, initialement Éric Lennard Bernstein. Il se marie en 1940 avec Elinor avec qui il aura deux enfants, Ellen et Peter, avant de s’en séparer après la guerre.

En 1941, il commence sa formation de psychanalyste et suit une analyse pendant deux ans avec Paul Federn, analyse qu’il poursuivra après la guerre en 1947 avec Erik Erikson. De 1943 à 1946, il est engagé comme psychanalyste dans le corps médical de l’armée des États-Unis : il y dirige des thérapies de groupe. Lors de ces premières années de pratique, il est frappé par la force et la pertinence d’un élément jusqu’alors négligé : l’intuition. Il rédige un premier article, La Nature de l’Intuition, sur lequel il fera une communication au Congrès annuel commun des Sociétés de Psychanalyse de San Francisco et de Los Angeles en 1947.

Il emménage définitivement à Carmel, près de San Francisco, en 1946, seul d’abord puis avec sa seconde épouse Dorothy. Ils auront ensemble deux enfants, Ricky et Terry. Ils divorceront en 1964.

En 1948, il entreprend un tour du monde à visée autant professionnelle que privée puisqu’il visite dès qu’il le peut un hôpital psychiatrique pour enrichir sa connaissance globale de la santé mentale.

À partir de 1950, en marge de ses activités de psychiatre, Éric Berne met en place des séminaires avec des cliniciens destinés à réfléchir et à valider ces nouvelles perspectives qui sont, sur certains points, critiques à l’égard de la psychanalyse. Il poursuit néanmoins en parallèle sa formation de psychanalyste et postule à ce titre en 1956 : il est refusé. L’échec de ce projet sur lequel il travaille depuis dix ans est une immense déception. Il sera pourtant fondateur : à partir de cet instant Éric Berne décide de rompre définitivement avec la psychanalyse et de fonder une nouvelle approche de la psychothérapie.

Dès 1956-57, s’appuyant sur l’expérience de ses séminaires, Éric Berne publie alors une série d’articles dont l’un porte d’ores et déjà le titre : « Analyse Transactionnelle : une nouvelle méthode efficace de thérapie de groupe ». Les concepts d’états du moi, de jeux psychologiques et de scénario sont déjà mis à jour ! L’œuvre est sidérante : il crée quasiment ex nihilo et en très peu de temps un nouvel outil totalement indépendant de la psychanalyse (même si des éléments fondamentaux comme la notion d’inconscient sont repris).

Avec un groupe de chercheurs issus de ses séminaires, dont Claude Steiner, rencontré en 1958 et Stephen Karpman, psychologues cliniciens et thérapeutes, il lance l’édition du Transactional Analysis Bulletin (qui deviendra le Transactional Analysis Journal en 1971) dont le premier numéro sort en 1962. En 1964, en réponse au nombre de praticiens de l’AT hors États-Unis, ils fondent ensemble l’International Transactional Analysis Association (ITAA).

Les années 1964-1970 furent des années de travail intense. Éric Berne compose ses œuvres majeures, notamment Des Jeux et des Hommes et Que dites-vous après avoir dit Bonjour ? Sur le plan personnel, il divorce en 1970 de sa femme Torri épousée en 1967.

Il décède le 15 juillet 1970, à l’âge de 60 ans, d’un arrêt cardiaque.

L’œuvre révolutionnaire d’Éric Berne est orientée vers un seul objectif : « guérir » au plus vite, tel un médecin. Et pour cela, construire une théorie avec des mots simples pour faciliter notamment la relation thérapeute-client et permettre à celui-ci de s’approprier l’outil thérapeutique au lieu d’en faire l’apanage du spécialiste.

Témoignages vidéos d’Éric Berne.

(Sources : Éric Berne, esquisse biographique, W. Cheney, Classiques AT, Editions AT, Vol. 1, p. 12-19 & Manuel d’Analyse Transactionnelle, I. Stewart et V. Joines, InterEditions, 1991, p. 341)


Bibliographie d’Éric Berne :

  • The Layman’s Guide to Psychiatry and Psychoanalysis (1957 – révision d’un premier ouvrage The Mind in Action publié en 1947) : Psychiatrie et psychanalyse à la portée de tous (Le Cercle du Nouveau Livre, 1971)
  • Transactional Analysis in Psychotherapy (1961) : Analyse Transactionnelle et Psychothérapie (Payot, 1971)
  • The Structure and Dynamics of Organisations and Groups (1963) : Structure et Dynamique des Organisations et des Groupes (Éditions d’Analyse Transactionnelle, 2005)
  • Games people play (1964) : Des Jeux et des Hommes (Stock, 1984), best-seller vendus à plus de cinq millions d’exemplaires.
  • Principles of Group Treatment (1966) : Principes de Traitement Psychothérapeutique en Groupe (Éditions d’Analyse Transactionnelle, 2006)
  • What Do You Say After You Say Hello ? (1970) : Que dites-vous après avoir dit Bonjour ? (Tchou, 1972)
  • Sex in Human Loving (1970) : Amour, sexe et relations (Éditions d’Analyse Transactionnelle, 2010)

Deux autres ouvrages publiés à titre posthume sont des compilations d’articles écrits par Éric Berne : Beyond Games and Scripts (1976) et Intuition and Ego States, The Origins of TA (1977), Intuition et États du moi (InterEditions, 2012). Ajoutons le dernier livre posthume d’Éric Berne, A Montreal Childhood, (Mon enfance à Montréal – Éditions d’Analyse Transactionnelle, 2010), récit de son enfance mis en forme par son fils Terry.

Éric Berne a également écrit un conte, The Happy Valley (1968), La Vallée du Bonheur ( InterEditions, 1990) .

Au-delà de ces livres, pour une liste complète avec la totalité de ses articles en anglais : Éric Berne

Deux biographies sont disponibles en anglais (en attendant une troisième d’Ann Heathcote) :

  • Éric Berne, Master Gamesman, Elizabeth Watkins Jorgensen et Henry Irvin Jorgensen, Grove Press, 1984.
  • Éric Berne: Annotated Bibliography, Robert Cranmer, Transactional Analysis Journal, 23-9, 1971.