Patrick nous informe dans son commentaire de l’article Le point sur Analysetransactionnelle.fr, qu’il est resté sur sa faim après avoir lu le «Pour aller plus loin» de l’article sur les jeux psychologiques et qu’il aurait aimé avoir une réponse.

C’est pourquoi je vous propose cette semaine une ébauche de réponse. Il existe, en effet, de multiples manières d’identifier et de sortir des jeux psychologiques et il serait beaucoup trop long de toutes les proposer ici. Les formations approfondies en AT dans les écoles vous aideront à réfléchir à cette question et à trouver vos propres réponses.

En attendant voici quelques idées :

Piste 1 : identifier le jeu

Le première chose à faire, lorsque l’on est un «joueur», est d’identifier pour soi-même quels sont les jeux que je pratique régulièrement et donc quels sont ceux dans lesquels j’ai le plus de chance de me retrouver.

Pour cela voici un petit questionnaire que je vous invite à remplir pour vous-même :

  1. Dans quels genres de situations conflictuelles ai-je tendance à me retrouver régulièrement ?
  2. Comment cela commence-t-il ?
  3. Qu’est-ce qui se passe après ?
  4. Quel est le message secret ou caché que je cherche à faire comprendre à l’autre personne ?
  5. Quel est le message secret que l’autre personne cherche à me faire comprendre ?
  6. Comment cela finit-il habituellement ?
  7. Comment je me sens (Émotion) alors ?
  8. Comment les autres se sentent-ils à mon avis ?

Les réponses à ces différentes questions vous aideront à comprendre dans quel rôle du triangle dramatique vous jouez le plus souvent. Il vous sera alors plus facile d’y être attentif.

Piste 2 : dévoiler le jeu

Une autre piste intéressante consiste à dévoiler le jeu.

Prenons l’exemple de deux joueurs qui jouent à « Oui mais ». L’un présente un problème, fait croire à l’autre qu’il cherche une solution et quand ce dernier lui propose de l’aide, il dénigre les unes après les autres les options qui lui sont offertes.

Lorsque le second joueur prend conscience qu’il est en train de jouer à «Oui mais» et que le premier n’est pas vraiment à la recherche de solution, il peut alors lui demander plus clairement : « Qu’attends-tu de moi exactement ? Veux tu, ou ne veux tu pas de mon aide ? ».

Une autre option encore plus directe consiste à dire : «Je vois que nous jouons à «Oui mais»… ». Mais cette dernière option nécessite que votre interlocuteur connaisse la théorie des jeux psychologiques.

Piste 3 : utilisez votre État du Moi Adulte

Lorsque l’on joue à un jeu, on occupe symboliquement un rôle autour du triangle de Karpman. Ces rôles sont ceux de Persécuteur, de Sauveur et de Victime.

Si on analyse ces rôles à partir des États du Moi, on pourra vite prendre conscience que le Persécuteur est dans son État du Moi Parent Normatif négatif, que le Sauveur est dans le Parent Nourricier négatif et que la Victime est dans l’Enfant Adapté.

A la lumière de cette rapide analyse, il apparaît que l’État du Moi Adulte n’est pas concerné par les jeux.

Une option, souvent pertinente et efficace, consiste à remettre de l’énergie dans l’État du Moi Adulte et de proposer à l’autre des Transactions complémentaires.

Par exemple :

Le mari : « Chérie tu as vu l’heure ? » sous entendu : « dépêche toi » ?

La femme dans le jeu : « Oui je sais, arrête de me speeder, tu m’énerves… »

La femme dans l’Adulte : « Ok mon cœur, je sais que suis en retard, laisse moi encore 10 minutes s’il te plait ».

Piste 4 : Jouer le jeu

Une quatrième option, parfois intéressante, mais plus difficile à mettre en œuvre, parce qu’elle demande une bonne estime de soi et une vraie capacité à l’autodérision, consiste à entrer dans le jeu et à jouer jusqu’à la dérision.

Ainsi par exemple dans un jeu « Oui mais », le second joueur pourrait par exemple répondre « C’est vrai tu as raison, je n’ai vraiment pas de bonnes idées, je ne comprends même pas pourquoi tu me demandes de l’aide ».

Cette option est particulièrement efficace lorsqu’elle est pratiquée avec suffisamment d’humour … mais elle est aussi pour cette raison souvent difficile à mettre en œuvre.

En conclusion

Sortir des jeux psychologiques est un vrai travail sur soi, demande de la patience et de l’humilité. C’est souvent le travail de toute une vie.

Il existe de nombreuses options et de nombreuses pistes pour y parvenir, chacun doit inventer les siennes. Une bonne formation en analyse transactionnelle peut vous y aider.

Je vous propose de partager avec moi, dans les commentaires ci-dessous, vos propres options :

2014 © VRPS Consulting, par Pierre Cocheteux

Analyse Transactionnelle . fr