“Je n’ai pas peur de la mort ”

C’est ce qu’a affirmé Nik Wallenda aux journalistes de l’AFP qui l’interrogeaient quelques heures avant sa traversée du Grand Canyon, le 24 juin 2013.

Une traversée de 23 minutes, contre les vents violents de la rivière Little Colorado, dans l’Arizona, à 450 mètres de hauteur, sans filet ni harnais de sécurité qualifié « d’exploit » par l’ensemble des médias ! Ça fait peur.

Cette semaine, je vous propose ma réflexion personnelle à propos de cet événement d’actualité.

Connaissez vous le concept de méconnaissance ?

Une méconnaissance, c’est un mécanisme psychique par lequel une, ou plusieurs personnes minimisent ou ignorent certains aspects d’elles-mêmes, des autres ou de la situation vécue.

Ce mécanisme de méconnaissance permet ainsi à la personne concernée de ne pas s’occuper du vrai problème, ou de satisfaire son besoin ou son envie. Cela lui permet d’entretenir vis-à-vis de ce problème ou de ce besoin une certaine forme de passivité.

Quelles sont les méconnaissances ici ?

Je pense qu’il y a plusieurs sortes de méconnaissances dans cette information :

  1. La méconnaissance de Nik Wallenda de son émotion comme signal du danger potentiel,
  2. La méconnaissance des médias qui relatent comme un exploit un comportement suicidaire,
  3. La méconnaissance des médias à relayer comme un exemple à suivre un comportement suicidaire,
  4. La méconnaissance de la responsabilité que porteront nécessairement les médias si une personne se tue en voulant suivre cet exemple.

Reprenons point par point :

La méconnaissance de Nik Wallenda de son émotion comme signal du danger potentiel :

Pourquoi Nik Wallenda méconnait il son émotion ? Les émotions sont des signaux corporels qui nous transmettent des informations. En l’occurrence, l’émotion « peur » a pour fonction de nous informer d’un danger potentiel afin de nous garder vivant. Lorsque Nik dit ne pas avoir peur de la mort, soit il méconnait l’émotion de peur et prend le risque de se tuer, soit il méconnait l’utilité de la peur. Les personnes qui n’ont pas peur se tuent. C’est d’ailleurs ce qui est déjà arrivé à son grand- père en se frottant au même type de challenge.

La méconnaissance des médias qui relatent comme un exploit, un comportement suicidaire :

Traverser le Grand Canyon, à 450 mètres de hauteur sans aucune protection ni garantie pour sa vie relève d’un comportement suicidaire. Nik joue avec sa vie (sans compter le fait qu’il soit père de famille).

La même action mais avec les protections nécessaires à la survie du sportif, en cas d’incident, aurait été pour moi un véritable exploit.

Lorsque les médias relatent cette information, ils confondent l’exploit (qui est une action remarquable), avec un acte suicidaire (qui est la manifestation du désarroi interne d’une personne et qui se manifeste par une conduite symbolique de mort visant, le plus souvent, à la reprise du dialogue social).

La méconnaissance des médias à relayer comme un exemple à suivre un comportement suicidaire :

Ce qui me semble plus grave, c’est le fait que les médias relatent cette information, qui plus est aux heures de grande écoute. Le simple fait de transmettre cette information a valeur d’exemplarité pour les plus jeunes, mais aussi pour les plus fragiles. C’est une autre façon de dire : “ Nous vous encourageons à copier de tels exploits pour vous faire reconnaître… ”.

Cela me pose la question suivante :

La méconnaissance de la responsabilité que porteront nécessairement les médias si une personne se tue en voulant suivre cet exemple :

À partir du moment où l’on encourage, même involontairement un comportement suicidaire, n’a t-on pas une part de responsabilité dans les suicides qui pourraient advenir par la suite ?

Je n’ai pas de réponse définitive à cette question, mais je pense qu’il est nécessaire, a minima, de se la poser. Quels types d’adultes souhaite-t-on que nos jeunes deviennent ? Avons-nous envie que les générations à venir ne sachent pas écouter leurs émotions dont celle de la peur en particulier qui est notre meilleure garantie de rester vivant le plus longtemps possible ? Je vous rappelle que la peur a pour fonction essentielle de nous garder en vie et que les personnes qui ignorent leur peur finissent par se tuer.

La question reste ouverte, et je vous invite à partager vos avis dans les commentaires ci-dessous.

Laissez-moi simplement ici votre prénom et votre email et recevez : 

8 Fiches AT8 Fiches pratiques pour comprendre l’Analyse Transactionnelle

"Les 8 indispensables de l’Analyse Transactionnelle" en Format PDF

+ les nouveaux articles du blog

+ Des informations en avant première sur nos formations

+ De nombreuses surprises...

2014 © VRPS Consulting, par Pierre Cocheteux

Analyse Transactionnelle . fr + 33 6 38 39 39 33