Reconnaître la présence des autres, voilà bien tout l’enjeu de la plupart de nos communications.

C’est bien en effet, parce que nous ne nous sentons pas reconnus, acceptés, aimés par les autres que nous entretenons des jeux psychologiques, dont l’objectif inconscient est d’obtenir une dose de stimulation, même négative, ce qui est plus stimulant que d’être totalement ignoré de l’autre, des autres …

Ces fameux signes de reconnaissance, qui sont en réalité des signaux verbaux,  positifs ou négatifs s’adressant à l’être (inconditionnel) ou au faire (conditionnel) reposent  sur une économie du manque.

Dans l’économie des caresses mises à jour par Claude Steiner,  nous observons que pour la plupart d’entre nous, les règles inconscientes qui régissent notre manière de nous donner, ou de recevoir des signes de reconnaissance reposent sur l’idée que ceux-ci pourraient venir à manquer, à ne pas être bons ou bienfaisants :

  1. Ne donne pas les signes de reconnaissance que tu as envie de donner,
  2. Ne demande pas ce dont tu as besoin ou envie,
  3. N’accepte pas ceux que tu aimerais recevoir,
  4. Refuse ceux qui te feraient plaisir, et surtout
  5. Ne te donne pas de signes de reconnaissance à toi-même

D’après Claude Steiner, ces règles imposées par nos parents leur permettraient d’asseoir le pouvoir et de manipuler leurs enfants.

Mais pourquoi diable refuser de distribuer les signes de reconnaissance que j’ai envie de donner ?

Si, en rentrant chez moi le soir, il me plaît de dire à mon épouse que je l’aime,  en quoi cela pourrait-il nuire à notre relation ? à son épanouissement ? au mien ?

Si, lorsque je suis satisfait du travail de l’un de mes collaborateurs,  je m’autorise à le lui dire, en quoi cela pourrait-il nuire à notre relation ?  à la qualité de son travail futur ? à ma réputation ?

Si, lorsque je suis triste, mélancolique et ai besoin d’affection je m’autorise à solliciter des encouragements,  un contact physique (calin)  auprès de mes proches, en quoi cela pourrait-il me nuire ? aggraver la situation ?

Si, lorsque j’ai réalisé une prestation satisfaisante je m’autorise à me sentir fier de moi,  en quoi cela pourrait-il nuire à mon estime de moi-même ?  Pourquoi est-ce que cela devrait  m’inviter à attraper la grosse tête ?

Pourtant, souvent lorsque j’enseigne la théorie des signes de reconnaissance, je m’aperçois que pour beaucoup de personnes sollicitées un compliment, un conseil, une aide est souvent une idée folle.

Comme si, le fait de demander à l’autre quelque chose obligeait ce dernier à s’exécuter ? Comme si, lorsque l’autre accepte de m’aider son aide n’avait aucune valeur parce que je la lui ai demandée ?

Pourtant, de nombreuses études scientifiques ont démontré l’importance de la stimulation et de la reconnaissance dans l’épanouissement de l’être humain.  La psychologie positive très à la mode actuellement, reconnaît et encourage le fait de distribuer et de recevoir des compliments…  ce que nous autres analystes transactionnels aurions appelé des signes de reconnaissance.

J’ai même, récemment trouver des exercices sur Internet, qui proposent pour améliorer notre niveau de bien-être et de bonheur,  de noter trois « kifs » par jour.  L’objectif de ces exercices est de s’arrêter chaque soir, au moment du coucher, pour noter dans un carnet, trois choses positives que j’ai vécues dans la journée.  Ne s’agit-il pas ici de se donner à soi-même trois signes de reconnaissance positifs ?

Pour conclure cet article, j’aimerais à la suite de Claude STEINER vous proposer les affirmations suivantes :

  •  C’est bien l’amour qui est fondamentalement la force qui nous rend autonome
  •  Les signes de reconnaissance sont les transactions de base de distribution de cet amour inconditionnel
  • C’est le manque de signes de reconnaissance qui est le plus dévastateur dans la vie d’une personne
  • C’est notre Etat du Moi Parent Normatif qui s’oppose le plus à la libre circulation des signes de reconnaissance

A lire sur le même sujet :

Claude Steiner : « Le pouvoir du cœur, mieux vivre ensemble à l’ère du virtuel grâce à l’AT », chez InterEditions, 2010

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