Un lecteur de mon livre « Sortir des conflits avec l’analyse transactionnelle » (Sortir des conflits avec l’analyse transactionnelle, InterEditions, mai 2009) m’a confié qu’il avait du mal à distinguer conflit d’intérêt et conflit de pouvoir quand ils se déroulent dans une entreprise, tant les personnes ont d’intérêt à obtenir du pouvoir.

Mon intérêt, peut consister à obtenir plus d’argent, plus de responsabilités, plus de prestige, plus de signes de reconnaissance de mon entourage. Mon intérêt, ce peut être aussi d’avoir plus de champ pour des initiatives, d’avoir davantage les mains libres, la maîtrise de mon temps, des gratifications de toutes sortes : voyages, cadeaux, ou encore de ne pas avoir à rendre de comptes à un supérieur.

L’intérêt pour l’un n’est pas l’intérêt pour l’autre ; il peut varier d’une période de vie à l’autre. L’intérêt, c’est concret, c’est négociable, c’est variable !

Le pouvoir pour le pouvoir, c’est autre chose. C’est un processus négatif qui se traduit par la volonté de l’emporter sur l’autre à tout prix, d’avoir toujours le dernier mot, d’avoir toujours raison contre l’autre. Il s’agit de se maintenir en position haute socialement et psychologiquement.

Le conflit de pouvoir conduit à oublier son intérêt, à risquer de tout perdre plutôt que de céder.

Parmi les grandes affaires révélées au grand public ces dernières années, l’affaire EADS a révélé une lutte de pouvoir entre dirigeants qui a porté gravement atteinte aux intérêts des personnes et à ceux de l’entreprise et s’est terminée au tribunal. J’ai pensé à « l’ubris » de la mythologie grecque, cette folie de la toute puissance qui saisit certains humains et que les dieux de l’Olympe châtient cruellement. Elle se manifeste un peu partout.

C’est pourquoi un groupe humain où s’affrontent clairement les intérêts, mais où prédomine la négociation fonctionne sainement. Dans une démocratie, nous avons le droit de défendre notre intérêt, du moment que nous prenons en compte celui des autres et l’intérêt général.

Le pouvoir de négocier, de faire avancer les choses nous fait entrer dans un processus positif qui va dans le sens de l’autonomie et de la croissance.


2014 © VRPS Consulting, par Pierre Cocheteux

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