Je pense qu’un film vu récemment peut servir d’illustration à mon propos publié ici sous le titre Les piliers de la déshumanisation. Il s’agit de The Island (Michael Bay, 2005).

Thème : des clones d’hommes et de femmes célèbres ou fortunés sont fabriqués et cachés dans un lieu tenu secret. Ceux-ci sont destinés à être une banque d’organes pour leur « propriétaire » au moment où ce dernier en aura besoin pour prolonger sa vie. Le monde des clones est tenu ignorant de son destin. Ces «personnes» se pensent de vrais humains qu’un destin attractif a réuni. Elles sont dans l’attente d’un voyage paradisiaque sur une île mystérieuse. Elles sont maintenues dans un lieu protégé de soi-disant radiations extérieures et tous leurs actes sont contrôlés. Un clone s’aperçoit de la réalité et s’enfuit. Avec une compagne clone, ils iront à la recherche de leur « propriétaire » et découvriront leur humanité au cours de cette aventure très mouvementée.

Sur le plan de l’analyse on peut observer les paramètres qui maintiennent ces êtres dans la passivité :

  • L’inoculation d’une croyance : « le monde extérieur est dangereux » suivi de la consigne « vous ne devez pas sortir sous peine de mourir« ,
  • Une attitude extrêmement « protectrice » de la part de la structure qui contrôle leur alimentation, leurs déplacements, leurs relations…
  • Un contrôle et un maintien du clivage d’avec l’espace émotionnel interne : tout est fait pour que les clones ne ressentent que ce qu’il est prévu qu’ils ressentent quand cela est utile pour la structure,
  • La promesse d’un avenir merveilleux prodigué par la structure.

Ces divers éléments maintiennent les clones dans une forme de «paix sociale», de passivité quotidienne et d’enthousiasme parasite chaque fois que l’un d’eux est «élu» pour partir sur «l’île». En fait, chaque fois que c’est le cas, le malheureux est condamné sans le savoir à servir de donneur d’organe pour son « propriétaire ».

Ce film est une suite intéressante sur le thème des techniques de déshumanisation auxquelles nous pourrions succomber dans le confort de l’ignorance et l’émerveillement de l’attente du «gros lot», ce qu’Éric Berne appelle la promesse du Père Noël…

Il illustre bien comment le maniement simultané de la peur et celui de l’illusion séduisante et compensatrice sont des outils socio-politiques à la fois banals et très efficaces.

Antidote scénarique :

  • La curiosité,
  • L’amour,
  • Le développement de ses capacités de penser et de ressentir,
  • Le courage face au conflit.
CatégorieAu fil de l'eau

2014 © VRPS Consulting, par Pierre Cocheteux

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